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"laure", dirait Pétrarque||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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rien de moins qu'une durable dilapidation:
                poèmes|Lisbonne|e-m gabalda

répartition I ->
répartition II ::
éventail
écume des jours

               "laure", dirait Pétrarque


s'endort et passe intacte, - amants
de l'impossible - lauréate, passiflore...
poids chamanique des instincts de perdition,
la chance de l'inquiétude : et puis attendre.
la nuit ne ménage pas son homme,
dégage, après, l'intelligence du temps
quand tout réapparaît réagencé
dans l'ordre : le monde est fait de lois
inédictables, de suspens et de diktats
subtils. vivre serait l'apprendre,
quand se joue auprès de nous l'émoi du monde,
la pure et tranquille "rougeur des matinaux",
l'insensée dépense à quoi nous nous vouerons
toujours plus volontiers qu'à la fièvre de l'or.

eric-marie gabalda


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 -e.d.s- 
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"laure", dirait Pétrarque
écume des jours

               éventail


que fructifient les passages du soir,
les abandons que justifie la passion,
il y a ce vent dans les figues déjà lourdes,
à la poursuite d'oublis minimes.
rien ne t'échappe, parfume d'un frisson
l'envers des vêtements, incise la nuit :
savoir serait tenter la raison des choses,
l'éventail des choix pris dans leurs reflets bruns,
ne pas savoir serait presque agir de même ;
c'est un jeu de résonnances, fin, sans rien
de labyrinthique, même s'il n'est pas
si facile de s'y perdre et retrouver.

eric-marie gabalda


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 -e.d.s- 
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"laure", dirait Pétrarque
éventail

               écume des jours


dans la fente du rail du funiculaire
un filet d'eau dévale la pente,
un peu d'humidité s'attarde à la cîme
irrégulière d'un, deux pavés bombés,
ce n'est qu'une marque de lumière
sur leur matière polie, un jeu de la suivre.
une fille trois rues plus haut s'arrête,
manteau de cuir vieux gris, brun court,
pense à une autre ville, pluvieuse aujourd'hui.
son humeur change, plus rien qui pétille
presque sur les pommettes, je suis son regard
pour un moment encore, elle s'interrompt
et va s'éloigner avec ce corps débordant
de souplesse brusque ; sur les murs aussi
des lumières fragiles, dans les mains détalent
les cigarettes, les bouteilles, les envies,
- contre les mains frissonnent des nuits,
des instants, d'autres peaux familières :
s'il y a des moments calmes, le plaisir
est un furet agile que le calendrier
s'étrangle à poursuivre ; on retrouve au matin,
disponibles, ses mains que dore le soleil...

eric-marie gabalda


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 -e.d.s- 
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